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carrefour flash

Ouverture d’un magasin autonome Carrefour Flash à Paris

L’Amazon Go à la française. Dans cet « Amazon Go » à la française, nul besoin d’application mobile, c’est le magasin qui est connecté. De nombreuses caméras fixées au plafond et des balances connectées cachées dans les rayons suffisent au système pour suivre les clients en temps réel et déterminer leur panier.

Carrefour ouvre un magasin autonome à Paris, équipé de technologies. Carrefour a inauguré son premier magasin autonome dans le 11e arrondissement de Paris, mercredi 24 novembre 2021.

Carrefour Flash est conçu pour tous et pour accélérer les achats quotidiens. Il n’y a pas besoin de télécharger une application ou de s’identifier, tout le monde peut entrer dans ce magasin pour faire ses courses car c’est le magasin lui-même qui est connecté.

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Caméras et balances connectées

Dans cet espace de 55 m², 60 caméras ont été installées au plafond. Quant aux étagères, elles sont composées de 250 étagères équipées de huit capteurs de poids chacune (2000 capteurs en tout). Ceux-ci peuvent supporter jusqu’à 30 kg et sont précis à 10g près.

Dès que le client entre dans le magasin, il est transformé en avatar anonyme et représenté par une couleur. Les équipes de Carrefour insistent sur l’anonymat : le but n’est pas d’identifier concrètement une personne, mais de suivre chaque client de manière indépendante pour déterminer les achats effectués par chacun.

Toutes ces données issues des caméras et des tablettes connectées sont fusionnées pour déterminer le panier du client en temps réel. Carrefour se targue d’un taux de fiabilité du panier de 96%. Toutes les données sont traitées directement dans le magasin Carrefour, les informations ne sont pas transmises à une plateforme cloud. Le magasin, et ses technologies, peuvent suivre jusqu’à vingt clients. Mais Carrefour espère améliorer la technologie pour que ce nombre puisse augmenter.

Un système de paiement sans contact

La troisième innovation, après les capteurs et l’algorithme, est le système de paiement. Carrefour a laissé une caisse traditionnelle sur laquelle les articles doivent être scannés par le client. Cette caisse doit être utilisée pour les paiements en espèces et peut également être utilisée par les clients qui préfèrent passer par cette étape. En revanche, deux autres caisses ont été mises en place et permettent de compléter l’expérience du magasin autonome.

Il s’agit de deux tablettes contenant la solution de paiement développée avec Market Pay, la fintech de Carrefour. Lorsque le client s’approche, son panier s’affiche sur la tablette. Il est alors possible d’utiliser une solution de paiement sans contact. Si cela n’est pas possible, ou si le panier dépasse les 50 euros maximum fixés pour ce mode de paiement, l’utilisateur doit saisir le code de sa carte sur la tablette après avoir simplement  » scanné  » la puce comme dans un paiement sans contact. Le reçu n’est pas produit au format papier, mais peut être récupéré à la fin du paiement via un QR Code.

Des logiciels entraînés à suivre des cas complexes

Près de trois ans de R&D ont été nécessaires pour développer cette technologie. Le développement de l’algorithme a été l’une des étapes les plus compliquées. Le logiciel a été entraîné à suivre plusieurs cas complexes : lorsque les bras de deux clients se croisent pour saisir des produits ; lorsqu’un produit est pris puis remis par un client. Cependant, une seule personne est nécessaire pour remplir un panier. Le logiciel n’est pas entraîné à suivre le fait que deux personnes distinctes remplissent un seul panier.

En général, les distributeurs utilisent une application. Le client doit alors télécharger cette application avant d’entrer dans le magasin et commencer ses achats. Un point de friction qui freine plus d’un consommateur. Avec son Carrefour Flash, le distributeur français espère séduire un grand nombre de clients.

Carrefour s’est donné un an pour tester cette technologie. Les employés du Carrefour peuvent guider les clients, valider la vente d’alcool qui est interdite aux mineurs, résoudre les éventuels problèmes de panier, remplir les rayons et repositionner les produits qui ont été remis à tort par les clients. Ils reçoivent des alertes sur une application puisque le logiciel est capable de le détecter.