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La blockchain pour le Passeport Numérique du Produit de l’UE ?

Nous publions une série de trois articles traitant de la blockchain et de l’environnement. Le premier article pose les bases : l’impact de la blockchain (consommation d’énergie, mesure de l’empreinte environnementale). Le deuxième article met en évidence la proximité entre le nouveau règlement européen sur l’environnement et la blockchain. Dans le troisième article, nous analyserons les solutions de mesure de l’empreinte carbone : nous comparons celles alimentées par la blockchain et d’autres outils.

Pour favoriser les dépôts, notamment en France, il faudrait qu’il y ait moins de déchets de verre. Et comme actuellement la traçabilité des déchets n’est pas hyper transparente, on sait que ça fait toujours ça en moins qui ne sera pas enfoui.

un directeur de marque de vin
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Face à la flambée des prix des matières sèches, nous sommes confrontés depuis plusieurs semaines à un mur : la pénurie de bouteilles qui touche actuellement le monde entier. Les verriers n’arrivent plus à communiquer les dates de production, et donc l’approvisionnement en bouteilles. Plusieurs raisons expliquent cette pénurie : la silice (une matière première de plus en plus rare), le contexte géopolitique et la forte demande de bouteilles recyclées.

Les bouteilles vertes ont deux fois moins d’émissions de carbone que le verre neuf qui compose les bouteilles transparentes. En effet, les bouteilles vertes sont composées d’un maximum de 75% de verre recyclé (et le reste de silice neuve) contre un maximum de 30% de verre recyclé pour fabriquer une bouteille transparente.

Le plan européen Green Deal

L’Union européenne a annoncé, en mars, un nouvel ensemble de propositions politiques axées sur la durabilité, qui étendront les règles d’écoconception existantes en matière d’efficacité énergétique en encourageant l’allongement de la durée de vie des produits. Le plan européen d’écoconception (European Green Deal) du bloc a pour objectif déclaré de rendre la région « climatiquement neutre » d’ici 2050.

Cette mission se traduit par l’absence d’émissions nettes de gaz à effet de serre dans un délai d’un peu moins de trente ans (maintenant), tout en découplant la croissance économique de l’UE de l’utilisation des ressources, c’est-à-dire en passant à une économie circulaire dans laquelle les produits sont conçus pour durer plus longtemps et être faciles à démonter pour être réutilisés ou recyclés en fin de vie.

La Commission prévoit également qu’elle crée « des opportunités économiques pour l’innovation et la création d’emplois », notamment dans des domaines tels que la refabrication, l’entretien, le recyclage et la réparation. Les start-ups européennes les plus en vogue à l’avenir pourraient donc se trouver dans des domaines tels que la gestion plus intelligente des déchets et le recyclage.

Les dernières propositions présentées dans le cadre de l' »accord vert » de l’UE comprennent une idée intéressante de passeport numérique pour les produits, qui s’inscrit dans le cadre d’une initiative plus large visant à accroître la durabilité des produits par le biais d’un règlement sur l’écoconception des produits durables (Ecodesign for Sustainable Products). Ce dernier fixe de nouvelles exigences pour « rendre les produits plus durables, plus fiables, plus réutilisables, plus évolutifs, plus réparables, plus faciles à entretenir, à remettre à neuf et à recycler, et plus économes en énergie et en ressources » ; et semble devoir s’appliquer à tous les produits.

le Passeport Numérique du Produit de l’UE

Une autre partie du plan de l’UE pour la révision des règles d’écoconception comprend une proposition visant à introduire des passeports numériques de produits (Digital Product Passports) pour stocker des données clés afin d’améliorer la traçabilité des produits et de soutenir la réparation/recyclage, etc. en normalisant les informations que les fabricants de produits doivent fournir.

La Commission souhaite également que ces passeports fournissent aux consommateurs des informations sur les incidences environnementales afin d’éclairer leurs décisions d’achat. Il pourrait s’agir d’informations sur la consommation d’énergie, mais aussi – grâce aux nouveaux labels énergétiques de l’UE pour les produits concernés – d’un score de réparabilité.

Nous travaillons à limiter les intrants et les passages. Mais le plus gros poste reste la logistique et l’emballage. Comment, par exemple, faire accepter aux clients la nécessité de limiter l’utilisation de cartons ou de caisses en bois par unité ?

Julius Luddecke vise à obtenir le label « faible teneur en carbone », viticulteur indépendant – 29 ans

« Les exigences en matière d’informations spécifiques aux produits permettront aux consommateurs de connaître les impacts environnementaux de leurs achats », suggère la Commission à propos du projet de passeport numérique de produit. « Tous les produits réglementés seront dotés de passeports numériques de produits ». » Les

Passeports numériques des produits seront déployés pour tous les produits réglementés », écrit la Commission. La manière dont cela fonctionnera n’est pas claire, mais on peut supposer que quelque chose comme un code QR pourrait être fixé sur chaque produit et être scanné pour afficher les données de durabilité associées.

L’UE envisage également que ce système de « métadonnées » normalisé puisse créer d’autres possibilités de partage des données, voire d’autres types d’opportunités commerciales. Structurer les informations sur la durabilité environnementale des produits et les transmettre au moyen de passeports numériques de produits aidera les entreprises tout au long de la chaîne de valeur, depuis les fabricants, les importateurs et les distributeurs jusqu’aux revendeurs.

« Cela permettra également de suivre la présence de substances préoccupantes tout au long du cycle de vie des matériaux et des produits, donnant suite aux engagements pris dans le cadre de la stratégie sur les produits chimiques pour le développement durable et contribuant à l’objectif de l’UE de parvenir à une pollution zéro. Les passeports numériques de produits peuvent également permettre aux consommateurs de faire des choix plus éclairés, améliorer la transparence pour les organisations d’intérêt public et aider les autorités nationales dans leur travail d’application et de surveillance. »

Blockchain : le seul outil qui réponde au passeport numérique de l’UE pour les produits ?

Pour tirer pleinement parti d’une innovation, il faut penser différemment. C’est ce que la technologie blockchain nous invite à faire. En quelques mots, il s’agit d’une nouvelle façon de stocker des informations, de les conserver sans les modifier, d’y accéder et d’intégrer de nouvelles informations qui deviennent infalsifiables. Ces nouvelles données peuvent résulter de l’exécution d’une opération, d’une transaction ou de l’exécution « automatique » d’un programme informatique (Smart Contract).
Elles sont enregistrées sur l’équivalent d’un vaste registre « distribué », c’est-à-dire partagé sur les ordinateurs de tous les membres du réseau, un système qui permet la transparence et l’auditabilité. Dans une telle architecture, les questions de contrôle et de sécurité sont radicalement modifiées.

La blockchain est un système permettant de stocker des informations sur les transactions dans des blocs numériques. Son nom vient du fait que les blocs contiennent trois éléments clés : les enregistrements horodatés des transactions valides, un « hachage » ou une empreinte numérique du bloc et un hachage du bloc précédent. De cette façon, tout bloc est lié ou enchaîné au bloc précédent, formant ainsi une « chaîne de blocs ».
Grâce au système de grand livre décentralisé de la blockchain, les particuliers et les entreprises peuvent être sûrs que les informations contenues dans la blockchain sont vérifiables et immuables.

On peut imaginer l’ampleur des changements qu’une telle innovation promet. Techniquement, elle pourrait offrir une solution aux faiblesses des systèmes centralisés. Économiquement, elle devrait permettre d’augmenter la productivité en limitant les intermédiaires et en automatisant les transactions. Sur le plan institutionnel, elle est une réponse à la défiance envers les institutions politiques et économiques, avec à la clé une fluidification des relations économiques et sociales. Blockchain est donc une technologie promise à un bel avenir. Dans la grande variété des usages envisagés, deux grandes catégories se distinguent :

  • Des applications de type notarial liées à la tenue d’un registre qui a vocation à être partagé. Blockchain pourrait changer la façon dont les transactions sont contrôlées, la façon dont les biens sont transférés et échangés entre les personnes, et au-delà la certification des processus industriels ou financiers. Nous nous attendons notamment à ce qu’elle soit utilisée dans la traçabilité des produits alimentaires ; elle pourrait également donner naissance à des systèmes de vote en ligne sécurisés ou à l’identification numérique des personnes.
  • Applications couplant la dimension transactionnelle au monde physique, ce qu’on appelle « l’internet de la valeur« . Une transaction peut être déclenchée par une intervention directe ou par l’exécution d’un programme informatique qui peut inclure des conditions ou des vérifications spécifiques, par exemple à la date ou sur la base d’informations provenant du monde physique. Avec de tels « contrats intelligents », les blockchains ouvrent l’ère des transactions programmables, sans l’intervention d’un tiers de confiance. Ces applications visent à créer la confiance là où elle fait défaut ou à remplacer les mécanismes de confiance centralisés.

Blockchain : enjeux économiques et commerciaux

La logistique, le premier candidat ? En tant que registre qui mémorise toutes les opérations effectuées sans possibilité de falsification, la blockchain s’avère être un outil révolutionnaire dans la logistique. L’ensemble du cycle de vie d’un produit peut être certifié de cette manière. L’objectif est double : non seulement elle permet la transparence de la chaîne d’approvisionnement vis-à-vis des consommateurs, mais elle sécurise également ces chaînes d’approvisionnement contre les dysfonctionnements opérationnels ou les différentes formes de commerce illicite. Plusieurs pilotes sont actuellement en cours de déploiement. Cette traçabilité des chaînes d’approvisionnement, du fabricant au consommateur, intéresse principalement l’industrie alimentaire (origine contrôlée, respect de la chaîne du froid, etc.), mais aussi les industries du luxe et de la pharmacie (lutte contre la contrefaçon).

Transparence et confidentialité. Les blockchains publiques permettent la traçabilité de toutes les opérations effectuées, de manière transparente. Cette caractéristique va à l’encontre du secret des affaires. Le registre étant distribué, les informations qu’il contient en clair sont accessibles aux parties prenantes. C’est un avantage pour assurer la traçabilité des opérations, mais un défaut rédhibitoire si des informations relevant du secret des affaires sont délivrées de cette manière, par exemple en matière de finance ou de santé.

Conclusion

Au-delà de ces objectifs de productivité, les blockchains sont susceptibles de le problème de la méfiance dans nos sociétés, qui est non seulement très coûteux dans une économie de marché dans une économie de marché, mais aussi politiquement et socialement dangereux. Les consommateurs et les citoyens sont en effet confrontés en permanence à des problèmes de contrefaçon, d’insécurité alimentaire, d’obsolescence programmée ou de services clients inaccessibles, de contrefaçons de médicaments, de pratiques financières criminelles.

Nous avons publié une série de trois articles traitant de la blockchain et de l’environnement. Le premier article pose les bases : l’impact de la blockchain (consommation d’énergie, mesure de l’empreinte environnementale). Le deuxième article met en évidence la proximité entre le nouveau règlement européen sur l’environnement et la blockchain. Dans le troisième article, nous analyserons les solutions de mesure de l’empreinte carbone : nous comparons celles alimentées par la blockchain et d’autres outils.