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Le stress hydrique surveillé

La sécheresse dans les vignobles est devenue un sujet récurrent depuis plusieurs années. Les vignerons doivent s’adapter à des conditions climatiques difficiles, des températures extrêmes et un fort déficit hydrique. Ces événements climatiques ont des conséquences importantes sur les rendements et la qualité de la récolte.

L’appellation Pessac-Léognan est-elle menacée ?

L’augmentation de la température et la modification du régime des précipitations, prévues dans les prochaines décennies, devraient entraîner des changements dans les pratiques viticoles. La modélisation permet de mieux évaluer l’impact du changement climatique sur la production viticole. Une étude menée par ITK sur l’effet du changement climatique sur le déficit hydrique de vignobles représentatifs situés à Pessac-Léognan sur une période de 120 ans (1980-2100).

L’étude a porté sur l’évolution de l’indice de fraîcheur nocturne le mois précédant les vendanges. Cet indice est lié au potentiel aromatique du vin et pourrait évoluer dans les prochaines décennies sous l’effet combiné du réchauffement climatique et de la précocité des vendanges. La partie rétrospective de l’étude (1955-2014) a mis en évidence que le mode de gestion prescrit par le cahier des charges de l’appellation Pessac-Léognan correspondait bien à la production de vin sans irrigation dans les conditions climatiques des années 1980-2000.

Les objectifs de production devraient nécessiter un doublement de l’apport en eau jusqu’en 2100.

Le changement climatique a ensuite entraîné un déficit hydrique croissant et mis en évidence les limites de la gestion traditionnelle. Les prédictions montrent que les objectifs de production devraient nécessiter un doublement de l’apport en eau jusqu’en 2100, quel que soit le mode de gestion de l’inter-rang. L’effet de la plante de couverture sur le déficit hydrique est négligeable par rapport à l’effet attendu du changement climatique jusqu’en 2100. Cette étude ne met pas l’accent sur les autres aspects bénéfiques des plantes de couverture, mais souligne la nécessité de développer de nouvelles solutions qui devraient contrer l’évolution du déficit hydrique.

Les besoins en eau de la vigne sur une base journalière ont été utilisés pour mieux contrôler la consommation d’eau, tout en respectant les obligations du cahier des charges. Les dates de vendanges les plus précoces (de 2 semaines à 1 mois) sont attendues en parallèle. Ce décalage, combiné à l’augmentation de la température, devrait modifier sensiblement l’indice de fraîcheur nocturne et compromettre à terme les objectifs de qualité. Cela pourrait constituer un problème pour la qualité du vin.

Les Côtes de Provence utilisent un outil d’aide à la décision

Les données météorologiques locales et les observations de terrain utilisées pour préparer la demande d’exonération peuvent mettre en évidence un stress hydrique. L’Institut du vin Côtes de Provence a souhaité se doter d’un outil d’aide à la décision efficace et précis afin d’affiner le diagnostic de la situation du vignoble, donc d’intervenir au moment le plus pertinent. La connaissance de l’état hydrique de la vigne est essentielle pour la conduite du vignoble tant sur le plan quantitatif (rendement) que qualitatif (profil organoleptique).

Dix parcelles ont été simulées afin d’avoir la meilleure représentation des terroirs des Côtes de Provence. Couplés aux suivis de terrain et aux mesures de potentiel hydrique foliaire, les bilans hydriques ont montré une chute accélérée du potentiel hydrique foliaire de base (inférieur à -0,2 bar), ainsi que de la réserve en eau utilisable par la vigne dans les sols (inférieure à 30%) à la fin du mois de juin.

L’institut des vins des Côtes de Provence a conseillé aux vignerons de contrôler l’irrigation pendant la croissance de la baie pour atteindre le profil de vin rosé souhaité par l’appellation française.

POINTS CLÉS
  • Modélisation pour évaluer l’impact du changement climatique sur la production viticole
  • Les objectifs de production devraient exiger le doublement de l’apport en eau jusqu’en 2100
  • Cela pourrait être un problème pour la qualité du vin
  • Un outil pour affiner le diagnostic de la situation du vignoble
  • Contrôler l’irrigation pendant la croissance de la baie pour atteindre le profil du vin.